Exposition – GALETS DISTINGUÉS

Arts & vins – céramiques & textiles
 
4 artistes femmes parlent à leurs manières de leurs relations avec le vin, l’univers viticole…
A travers leurs médiums la terre et le textile, un banquet atypique est née !
Lisa Pélisson – Artiste céramiste – http://www.lisapelisson.com
Stéphanie Raymond – Artiste céramiste facebook/stephanieraymondceramiste
Juliette Vergne – Artiste textile – http://juliettevergne.com
Aurore Pélisson – Artiste textile – http://www.aurore-pelisson.comhttps://hape.me
Éric Pfifferling – Vigneron – Vins Naturels Domaine de l’Anglore – Tavel
               Jonathan Cuvilliez – Chef cuisinier

Nous préférons parler d’une EXPOSITION-BANQUET. Sur cette grande table nous faisons une collaboration avec Eric Pfeifferling créateur de vins naturels. Inspiré des repas de vendange, la tablée prendra vie avec les convives, le 15 Juillet, en parallèle de Couleur Tavel.

Dans toute la simplexité du monde viticole, nous proposons à la fois un “coté raffiné et un coté rustre”. Dans un rapport viscéral et sensible avec nos matières, nous partagerons : la surprise, la folie, le niais, le festif, et l’ivresse. Il s’agira d’une beauté ou la séduction laisse place à une gestuelle crue, voire un sublime grotesque. De façon à mieux sonder ensemble ce qui gravite autour de l’aspect final élégant du vin. C’est tenter de matérialiser l’entièreté de la richesse des vignes, des caveaux, levant les frontières entre fabrication et exposition, entre Art et vie. Fascinées par la gestation d’un très bon vin et la préciosité des terroirs comme des savoirs, nous désirons un nouveau monde des possibles. Viens voir nos balluchons humains, nos coups de vents indomptables, cadeaux de la nature.

La rencontre est heureuse et plus excitante dans le faire ensemble.
Dans un éclat de rire, Tendre le sein, à l’envers d’une virilité souvent attribuée au travail brut de la terre et au monde paysan.
À travers cet aspect final du vin d’un discours élégant, relatif au cristallin, à la robe, aux jambes, à la larme éclairée de paillettes… il se mêlera celui du terroir, des tanins, de la charpente et du corsé, des lampions de fêtes de village…
Nous nous amuserons des paraîtres dans un rapport au corps inhérent aux symboliques du vin, entre religions et érotismes. Nos corps entiers rêveurs se transposeront ici comme des petits bouts de chairs matérialisées en argile et/ou textile.

Un galet « distingué » qui vient de loin.
Notre titre s’extrait de la variété des sols sur lequel se développe l’Appellation Tavel. Leurs compositions se fait de sables et d’argiles au sud-est; de terrasses d’alluvions et de galets roulés au nord-ouest, ou d’éboulis calcaire à l’ouest. Les galets roulés ont cette propriété siliceuse d’emmagasiner la chaleur en reflétant les rayons du soleil jusque dans la nuit pour permettre une excellente maturité.
Teinture végétale et Céramique se rapprochent fortement des procédés manuels et naturels de transformation du vin. Travailler la céramique c’est agencer chacun des matériaux aux plus près des éléments: eau, air, terre, feu. Et les textiles, sous teintures naturelles sont baignés dans des macération de plantes pour acquérir des formes colorées.
Comme le travail de la vigne, nous développons un instinct du matériau. Entre Chimie et intuition, on palpe les instants, on choisie chacune les moments heureux, fugaces. Puis l’on fixe avec surprise ce qui fera une pièce.

À nos bacchanales modernes ; bouteilles humaines
Le “cul de la bouteille”, sa forme archétypale ou bien celle du verre à pied se verra ré-appropriée, répétée, elle sera motif rendue anthropomorphe. Une partie du banquet pourrait ressembler à une fête déchue avant même que les invités démarrent. Nous préférons aux cadavres de bouteille, parler plutôt de “doudous d’alcooliques”.

Doux crachoir coloré. Il s’agira de panser une exposition entre Art et vin. ROSÉ c’est girly non ? Comment tu dis, des mots, des bouts de chair ou de sang, corps déformés, de quelles couleurs sont tes briques ?
La viticulture déploie une colorimétrie, elle se retrouvera dans nos choix et traitements de couleurs.
Une envie de rendre à la couleur son potentiel émotionnel, sa lumière attractive.
Du trouble sirupeux de sa robe arrive le goût d’une madeleine de proust de notre enfance. Ou nous parlons de celle d’Éric Pfiefferling pour laquelle il aurait repris l’affaire familiale; épris de souvenirs de vins orangés, du grand père.

Aller au plus près d’une empreinte humaine, c’est confirmé lorsque qu’Aurore Pélisson a contacté Éric Pfifferling vigneron, créateur de vins naturels. Il aspire lui même à des grandes envies, des tables rases, pour toujours avancer au mieux du naturel et local. Nos intérêts communs se sont rejoins au coeur de ce qui nous nourrît : les plantes et les terres…

Nous voulions rendre à cette expérience, une forme d’apogée au moment de l’exposition:
Notre banquet sera pensé comme un moment atypique et local ou contenus et contenants fusionneront pour amener notre exposition-fête.
Ensemble nous activerons les objets rendant le convive participant de l’installation le 15 Juillet.
En effet, nos objets invoquerons différents sens – toucher, odorat, ouïe, goût, vue. Une façon à nous de conscientiser nos façons de boire. Boire et parler vont toujours ensemble. Autour de ce banquet, les convives s’éloigneraient de la simple dégustation ou d’une contemplation seule de l’oeuvre.
En tant qu’artiste, artisan nous trouvons ici un rapport plus direct dans l’exposition.

Tournons nous vers René Daumal qui écrit en 1938, la grande Beuverie:
« Je ferai pressentir des boissons à la fois plus subtiles et plus réelles » … « mais qu’il faut gagner à la lueur de son front, à la douleur de son cœur, à la sueur de ses membres. Bref comme disait le sage oinophile : « alors que la philosophie enseigne comment l’homme prétend penser, la beuverie montre comment il pense » ». * On a fait en buvant, sans forcément trop penser, avec la langue déliée.

Ce sujet laissant place aux doutes, à l’affect débordant. Alors nos envies prennent la forme d’une nuit sans fin.

Nous sommes toutes quatre faites d’attaches envers un art populaire.
Nous arrivons dans une ode à la main paysanne – artisane.
Là les compositions libres peuvent rappeler les arts natifs.
Cela démarre par une après-midi de boulot, chacune un verre à la main, nous prenons le parti de ne travailler que la terre. Nous avons fait une “soupière” à vin en argile. Sans complexe un sexe en glaise se monte en son intérieur, couvert de feuilles de vigne. Tout est permis tant cela est nécessaire de continuer à bousculer les formes.

Nous présenterons une fois pour toute ce qui est mis de côté, ce pourquoi la matière est si belle:
Aussi le moût comme les plantes tinctoriales vont être la plupart du temps filtrées. Mais on aime à les montrer dans leur potentiel originel. Nous montrons tout ce que la plante a de bon à nous donner.

Prenons la taille: les sarment de vigne poussent plus ou moins lentement, ils seront retirés en comptant le bon nombre d’ « yeux » qu’il détiennent. Ces sarments rassemblés par les vendangeurs, ficelés /jetés/ broyés/ seraient brûlés.
Reproduits ils pourraient devenir des fagots muets. Il seront notre Totochabo, nom attribué au fagot dans la grande beuverie, porte parole pourtant si bavard, aujourd’hui témoin de notre venue.

Les tissus baignées de couleurs et matières pourront emballer à nouveau ces tas de « bois ». Aussi des tas/formes seront à découvrir tel un paquet sacré à offrir, sur inspiration des Furoshikis.
(pliages traditionnels issus du Japon).

Sinon ces voiles de tissus flotteraient-ils dans l’espace pour rendre palpable le grand air ?
Ils seront autant estimés pour leur fonction première, faisant à la fois office de grand chemins de table ou de « baluchon ». Tandis que les graals sculpturaux serviront de verres à pieds ; les contenants et contenus modelés feront eux penser aux vestiges d’un repas. L’installation banquet restera telle jusqu’au finissage. Soit souillée par notre passage car nous souhaitons donner à voir une archéologie possible du moment passé ensemble.

Nous cherchons des façons de repenser les arts du quotidien et les arts de bien vivre. À travers ce banquet, et dans l’ensemble de l’espace des systèmes d’installations mettront en scènes et fusionneront les démarches artistiques de chacune. Il s’agit de développer un imaginaire de gestes du monde viticole comme ceux des métiers de bouche.

Dans la hâte de vous faire voir un événement aux bouquets surprenants.

Lisa Pélisson.

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